Jeu de paume du Bel-Air (ou de Bécquet)

Rue de Vaugirard

Jeu de paume de Belair dit de Becquet

1669 décembre 12 : Le marquis de Sourdéac et le financier Champeron louent le jeu de paume de Bécquet et dépensent des sommes considérables en y construisant une salle d'opéra -- inutilement, car ils en seront expulsés par le lieutenant de police. Leurs peines n'y sont pas pour rien : en 1672, la salle sert à Lully, et en 1710, sous la direction des entrepreneurs forains, elle devient la première salle qui porte le nom de l'Opéra-Comique.

1672 août 12 : Lully fait la location du jeu de paume de Bécquet. Il s'associe au machiniste italien Carlo Vigarani pour le mettre en bon état. Voir GORCE (1992) 35, qui décrit la disposition de la salle:

Ils envisagèrent trois rangs de loges avec la possibilité, pour chacun des premières, d'installer huit spectateurs quand elles étaient de côté et douze lorsqu'elles étaient de face. Le public pouvait encore s'asseoir dans l'un des deux amphithéâtres, mais il était prévu cette fois, juste devant la scène et l'orchestre, un parterre où l'on devait se tenir debout et où l'on était convié pour seulement trente sols.
Ce prix assez bas semble avoir été également appliqué en haut, aux troisième loges et au second amphithéâtre. Lully espérait ainsi attirer le plus grand nombre d'amateurs et toucher des couches sociales plus populaires...
Il fallait payer un écu pour occuper un siège aux deuxième loges et un demi-louis d'or pour aller à l'amphithéâtre du bas et aux premières loges.

1672 novembre : Les Fêtes de l'Amour et de Bacchus, au jeu de paume de Bel-Air, marque le début du règne absolu de Lully à l'Opéra.

1673 avril 28 : Le lendemain d'une visite au jeu de paume, le roi donne à Lully l'usage de la salle de spectacle au Palais-Royal et met les restes de la troupe de Molière à la porte. Les transformations de Vigarani disparaissent du jeu de paume de Bécquet, qui ne sert plus aux spectacles avant l'entrée, 35 ans plus tard, des forains.